28 janv. 2009

CREMER et GOLLIER sur la baisse du prix du pétrole

Une chronique de CREMER et GOLLIER évoque de manière assez brève les facteurs ayant influé sur l'évolution du marché du baril de pétrole en reprenant l'analyse de SALEHI. Deux facteurs à exclure: il n'y a pas d'effet résultant d'une situation géopolitique et il n'y a pas d'effet résultant de stratégie de producteur. Le problème repose sur les principes du marché: la demande de pétrole est inélastique. En outre, une récession amène une baisse de la demande. Cette baise de la demande nécessite une baisse des prix de la part des producteurs. L'offre devrait donc aussi diminuer pour compenser cette chute des prix. Mais ce n'est pas le cas: les producteurs tendent à se retrouver dans une situation de Nash où le coût d'opportunité d'un accord commun et coopératif semble trop élevé à court terme.

18 janv. 2009

2 petites remarques sur Artus et Dehove

Patrick Artus nuance les effets bénéfiques des politiques de relance expansionniste adoptées par la plupart des pays industrialisés. Si à moyen terme de nombreuses faillites bancaires seront évitées et le financement de l'économie fluidifié, à long terme deux débouchés peuvent être anticipés. Le premier est que la hausse de la dette publique contractée par les différents pays adoptant ces politiques économiques se répercutera sur les taux d'intérêt à long terme, qui s'élèveront. D'où des marges de manœuvre budgétaire réduites. Le second effet de long terme est la formation de nouvelles bulles résultantes des liquidités que les agents ayant actuellement un degré d'aversion au risque élevé conservent. Des bulles pouvant toucher par exemple le marché des matières premières.

Dans un tout autre registre. J'ai lu le rapport du CAE sur les crises financières datant de novembre 2004 rédigé par BOYER, PLIHON et DEHOVE. Parmi les études rapportées, celle de Dehove m'a marquée. Elle montre que la fin des accords de Bretton Woods avec le passage au système de change n'a pas permis une grande amélioration des crises de change ou bancaires. Si le passage au change flexible devait en fait permettre d'atténuer les crises de change, il a maintenu leur fréquence et même augmenter le nombre de crises bancaires et donc le risque de double crises dites jumelles.

10 janv. 2009

Vérification empirique du modèle Hecksher-Ohlin

Nobélisé en 1973, LEONTIEV (1953) évoque un paradoxe pour les Etats-Unis : les exportations sont moins intensives en capital que les importations. Ce paradoxe est vérifié par de nombreux travaux. 
BALDWIN montre que la proportion de capital par rapport au travail des exportations était inférieure en 1962 à celle des importations. Le paradoxe est vérifié. Mais en distinguant travail qualifié ou non, on voit que les exportations sont plus intensives en main-d’œuvre qualifié et en savoir technologique que ses importations. STERN et MASKUS (1981) montre que le paradoxe a disparu au début des années 70.
Un second modèle est celui de BOWEN, LEAMER et SVEIKAUSKAS (1987) qui suppose le commerce international comme un échange implicite de services de facteurs de production. En comparant le contenu en facteur des exportations et des importations, chaque pays est en fait exportateur net des facteurs dont il est relativement bien dotés et importateurs pour les biens aux caractéristique nationales inverses. Ils comparent la part de chaque pays dans la dotation mondiale de chacun des facteurs. Ils comparent ensuite les rations avec la part du pays dans le revenu mondial. Le modèle HOS est vérifié si le pays exporte les facteurs dont la part excède la part des revenus mondiaux et inversement. Ce n’est vérifié que dans 70% des cas. Le paradoxe est vérifié : on peine à expliquer la structure globale du commerce international par le modèle factoriel. 
Un dernier modèle proposé par TREFLER (1995) montre un autre problème de HOS. Si le commerce permet d’échanger implicitement des facteurs alors les prédictions doivent concerner autant la direction que les volumes d’échanges. Or le commerce de services de facteur est beaucoup plus faible que ne le prédit HOS. Le cas de l’UE est saisissant et montre que le modèle prédit des flux de facteur travail trop élevé. L’UE représente 7% de la planète, 30% du PIB mondial, les importations de services travail (contenu dans les biens importés) devraient compenser le déficit de l’Union en facteur travail. Il faudrait produire pour 4 fois plus de travailleurs que n’en possèdent l’Union. La solution se trouve dans le concept de ordre effective de travail : la productivité doit être adaptée pour réévaluer la dotation en travail de la production des pays du Nord. En supposant que les différences de technologies entre pays prennent une forme multiplicative simple (un pays du sud ne peut produire qu’entre 0 et 1 de la production d’un facteur américain).
Au final le modèle Hecksher-Ohlin ne permet d’expliquer la structure du commerce qu’à condition d’emprunter au modèle ricardien l’hypothèse des différences internationales de productivité.