18 sept. 2009

A lire: taxe sur CO2 et politique commerciale stratégique

Retour de vacances. Dans l'attente des prochains billets d'économie nous vous proposons quelques liens datés des deux dernières semaines et susceptibles d'attirer votre attention (si ce n'est déjà fait).

Jean Tirole et Christian Gollier proposent une chronique dans Le Monde sur le prix de la taxe Carbone. Deux impératifs. Il est nécessaire que les compensations aux ménages souffrant le plus de la hausse du prix des énergies fossiles soient forfaitaires et ne donnent pas lieu à des exonérations. Chaque agent doit participer à cet effort écologique, l'objectif pour le décideur public étant de minimiser de coût ex-post et non pas de discriminer ex-ante à la politique mise en place. Un second impératif est une nouvelle fois lié à la coordination entre les acteurs internationaux. La France ne doit pas être la seule dans ce domaine, il s'agit alors d'établir un prix suffisant pour atteindre l'objectif écologique sous-contrainte de la concurrence sur les permis d'émission ETS (Emissions Trading System) et sous la seconde contrainte d'un prix suffisant, c'est-à-dire bien supérieur au 15 euros actuels. Une surtaxe compensatoire sur ces permis pourrait être une solution afin d'uniformiser cette taxe écologique à l'ensemble des agents (le risque étant de laisser un prix de 15 euros aux industriels et d'établir un autre prix pour le reste de la collectivité).
Pour aller plus loin dans ce projet gouvernemental, un excellent billet de EcoInter-View sur la sensibilité des entreprises françaises aux prix de la tonne de CO2.

Un troisième article à découvrir et qui nous a particulièrement plu est une nouvelle fois tiré de EcoInter-View. Il traite des fameuses subventions perçues par Airbus, plus particulièrement des avances remboursables à différents gouvernements européens. Une stratégie commerciale qui aurait porté ses fruits en amenant la firme européenne à devancer son concurrent américain. L'article de Pirès datant de 2006 et présenté en fin d'article est très éclairant à ce sujet et permet de surpasser la simple analyse en dilemme du prisonnier.

17 sept. 2009

Collaboration Peripolis/Contre-feux.com: le plan de relance français

Le site d'actualité contre-feux.com a publié aujourd'hui en Une de son journal une collaboration avec le blog Peripolis. Il nous a été demandé de rédiger un article sur le plan de relance française de manière la plus objective possible et d'analyser les différents impacts politiques et/ou économiques. Vous pouvez lire et réagir à cette publication en cliquant ici.
Notre collaboration avec ce site reste nouvelle et de nouveaux articles devraient voir le jour ces prochains mois.

Trouvez-vous toujours cet article d'actualité? Quels arguments ajouteriez-vous?

3 sept. 2009

Tarifs de l'électricité: entre réglementation et compensation monétaire

Thomas-Olivier Léautier s'interroge sur l'orientation du gouvernement relative aux tarifs de l'électricité en France. Il s'agirait d'établir un prix de 35 euros le megawattheure d'électricité nucléaire alors que son coût s'établirait à 42 euros. Il persisterait donc un risque de sous-investissement du à des positions politiques du décideur public, comme l'auteur de l'article le précise:
"La mauvaise nouvelle pour nos concitoyens est que le prix de l'électricité en France est encore aujourd'hui fixé par des politiques, selon un processus pour le moins opaque et avec un horizon de temps bien inférieur au cycle d'investissement de l'industrie électrique."
La solution reposerait dans une transparence la plus poussée possible sur le modèle de Ofgem, le régulateur britannique de ces mêmes tarifs outre-manche.

Le problème reste surtout que ces sous-investissements induisent trois problèmes. Le premier est de décourager l’effort de réduction du consommateur. Un premier argument qu’on peut toutefois nuancer en considérer que l’énergie nucléaire français ne dépend pas seulement de la demande intérieure mais surtout de celle extérieure et de manière causale du coût marginal de production des centrales nucléaires françaises. Aussi les capacités productives ne sont jamais supérieures à la demande à satisfaire. Un second problème est de freiner l’innovation du fait d’un processus d’investissement affaibli. Enfin le troisième problème concerne l’acceptabilité sociale du nucléaire que l’on peut en théorie monnayer selon la satisfaction des consommateurs. Le régulateur semble jouer ce rôle pourtant on peut très bien s’interroger sur les acteurs jouant ce rôle de régulateur. De nombreux économistes comme Jean Tirole soutiennent qu’une décision publique doit nécessiter des autorités indépendantes, il semble que cette proposition soit délaissée puisque le gouvernement joue le rôle d’autorité ou de régulateur et mêle ainsi politique et économie.

Mais la régulation pose des problèmes beaucoup plus importants. Celle-ci concerne la quasi-totalité de la production de base alors que la concurrence ne joue par exemple que sur la commercialisation des ménages. D’autre part on peut penser que ces réglementations concernent davantage les industriels qui y trouveront un moyen de stabiliser leurs prix d’achats en s’affranchissant de l’instabilité récurrente des prix du marché de gros. Il ne semble pas acceptable économiquement (bien-être de la société) qu’une réglementation si poussée doit constituer un objectif du gouvernement en place. L’évaluation est telle que les bénéfices ne semblent pas compenser les pertes. Enfin s’interroger sur la compensation monétaire envers les ménages français et sur les coûts de réglementation semble aujourd’hui indispensable, on en parle trop peu.